L'injonction
Durant la saison 2025-26, dans le canton de Genève, ce groupe explore la thématique de l'injonction.
Il rassemble des patient·es du Caap Arve, l'artiste Serval et les médiateur·rices Catherine Tinivella Aeschimann et Thierry Scherer.
Présentation
Dans Mon vrai nom est Elisabeth (2024), Adèle Yon retrace l’histoire de son arrière-grand-mère Betsy, qui fut internée et lobotomisée dans les années 1950 car elle était alors considérée par son milieu familial bourgeois comme « trop expansive » et « trop libre ». Au fil des pages de ce récit familial, l’autrice questionne ainsi la façon dont les normes et les injonctions sociales ont pesé sur le destin de Betsy, allant jusqu’à la priver de son intégrité physique.
À la croisée de l’enquête personnelle et du récit historique, le livre d’Adèle Yon dénonce la façon dont la société contrôle le corps et la vie des femmes, et redonne une voix à celles que l’histoire officielle a souvent réduit au silence. Plus largement, il nous invite à réfléchir à ce qui guide nos comportements, nos choix et nos identités. Peut-on résister aux contraintes implicites ou explicites qui orientent nos existences ? Pouvons-nous réellement nous affranchir des attentes de la société ou sommes-nous toujours le produit de notre époque et de notre culture ? Les injonctions sociales menacent-elles nos libertés fondamentales ?
Activités
Le groupe participera aux sorties culturelles suivantes :
- Laisse béton (Merci Renaud), une pièce de Julie Gilbert, Jérôme Richer et Antoine Rubin au Théâtre du Loup à Genève
- La Grande Ourse, une pièce de Penda Diouf (mes Evelyne Castellino), au Théâtre Le Poche à Genève
- Pavillon Simone Weil, un projet de "Présence et Production" de l'artiste suisse Thomas Hirschhorn accueilli au Pavillon Sicli à Genève
- Rencontre-discussion avec Cécile Boss, Dre en sciences de l'éducation au Caap Arve à Genève
Participant·es
Le groupe rassemble des patient·es du Caap Arve à Genève
Intervenant·es
Spectacles
Laisse béton (merci Renaud)
Début janvier 2022, dans la campagne genevoise, deux voitures de chantier d’une multinationale suisse sont incendiées dans une gravière lui appartenant. Plus d’une année plus tard, un jeune homme – qu’on appellera Jérémy* – est arrêté par la police en sortant de chez lui. Il est soupçonné d’être l’un des auteurs de cet incendie criminel. Placé en détention provisoire, une forte mobilisation populaire contribue à ce qu’il soit libéré après avoir passé plus de trois mois enfermé.
Cette première production Théâtre du Loup est portée par Jérôme Richer, l’un des trois nouveau·elles co-directeur·ices du Loup. Cette nouvelle pièce, écrite à six mains et nourrie par la pratique du théâtre documentaire –comme souvent dans le travail de Jérôme –, s’inspire de l’histoire de Jéremy* pour fabriquer une épopée d’aujourd’hui où on croise un jeune homme révolté, des activistes du climat, une mère éplorée, une multinationale du béton, des anonymes… On y parle du monde. On y parle de nous. De la jeunesse. De ses espoirs. Ses aspirations. De là où nous vivons. De Genève. De la colline du Mormont. De la Syrie. De cathédrales en béton. On y parle aussi d’argent. De dégradation du vivant. De perte. De bonheur aussi. De joie. De retisser des liens entre les vivant·es.
Sur le plateau, une grande distribution et de la musique en live, pour incarner cette histoire à la fois locale et terriblement mondiale.
La Grande Ourse
En rentrant de l’école avec son fils, une mère laisse échapper le papier du bonbon qu’elle vient de manger. Le soir même, la police sonne au domicile familial, l’interroge sur ce qui est alors qualifié de « crime honteux » et la place finalement en garde à vue pour un simple emballage oublié sur la voie publique.
Commence alors pour elle le début d’une longue dégringolade, prise en étau entre tourmente judiciaire et médisance du qu’en-dira-t-on. Face à l’injustice étourdissante qu’elle subit, la mère engage une réponse organique, venue du plus loin de son être, comme puisée du fond des âges : elle se transforme en ourse.
Elle s’ensauvage. Quand plus personne ne l’écoute, que le monde des humains l’enferme toujours un peu plus et l’éloigne des autres, renouer avec une nature profonde et ancestrale est alors son ultime issue. Sa prise de pouvoir sur le cours des choses.
Dans une langue du quotidien tirant progressivement vers le poétique, Penda Diouf construit une fable écoféministe ancrée dans la réalité crasse de notre époque en entremêlant violences policières, racisme et sexisme.
Evelyne Castellino malaxe cette matière en alliant vidéo, mouvements chorégraphiques et voix chorales pour composer un conte scénique frisant la dystopie, dans lequel la vidéosurveillance est omniprésente.
Entre instinct de survie animal, quête de soi et résistance face à l’oppression, elle propose un récit alternatif affranchi du réel pour répondre aux violences de nos sociétés occidentales modernes et nourrir nos imaginaires de fictions nouvelles.