Parcours

OUATE ?!

Durant la saison 2025-26, dans le canton du Valais, ce groupe explore la thématique de la sensorialité.

Il rassemble des bénéficiaires de l'association Tremplin et de la Fondation Emera, l'artiste Cyrielle Formaz et les médiateur·rices Delphine Ançay et Christophe Burgess.

Hélène Duclos, Arborescences #2 (2022) © Hélène Duclos

Présentation

Dans son ouvrage Faire. Anthropologie, archéologie, art et architecture (2017), Tim Ingold avance l’idée que le savoir serait « essentiellement lié à nos capacités de perception et de jugement », se développant « à travers notre engagement direct, pratique et sensuel au sein de notre environnement. » Il questionne ainsi le modèle occidental d’un savoir théorique et distancé, et affirme la primauté d’une connaissance incarnée, vécue, sensorielle, émergeant de l’expérience directe de ce avec quoi nous entrons en relation.

Dans une société dominée par le numérique, où notre rapport au monde passe de plus en plus par les écrans, cette idée d’un savoir enraciné dans l’expérience sensible semble quelque peu vaciller. Ce constat nous invite à nous interroger : peut-on vraiment connaître sans sentir, sans toucher, sans goûter ? Quelle est la place du corps et des sens dans la compréhension du monde qui nous entoure ? Et quels sont les savoirs dont nous coupons ou, au contraire, que nous acquérons, quand nous expérimentons le monde à distance, par l’intermédiaire d’un écran ?

Activités

Le groupe participera aux sorties culturelles suivantes : 

Groupe

Le rendez-vous est donné à la médiathèque de Martigny. Nous commençons par nous installer dans des petits fauteuils, histoire de brainstormer sur notre nom de groupe en buvant un café. Nous écrivons sur une feuille tous les mots qui nous viennent autour du thème de la sensorialité ou par rapport aux sorties que nous avons déjà faites.

Puis, nous décidons de voter chacun·e pour les 5 mots qui nous plaisent le plus. En réduisant encore, nous tombons unanimes sur ce mot qui résonne bien avec la sensorialité : OUATE. Ce mot nous rappelle également les watt, que nous associons dans un premier temps au son…avant de comprendre qu’il s’agit plutôt de la puissance.

Nous optons finalement pour ce nom : OUATE ?!

Participant·es

Le groupe rassemble des bénéficiaires de l'Association Tremplin et de la Fondation Emera.

Intervenant·es

Spectacles

À travers le brouillard

de la CIE KOKODYNIAK

Deux spectacles de 45 minutes totalement indépendants dont les textes sont issus d’entretiens retranscrits mot-à-mot : les expériences de 2 personnes qui entrent dans un brouillard sensoriel. L’une perd la vue et l’autre n’a jamais entendu...

Les comédiennes retranscrivent à la virgule près ces témoignages empreints de tendresse et d’humour.

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Heka

Avec Heka, Gandini Juggling brouille les pistes et invente un spectacle à la frontière du jonglage, de la magie et de la danse contemporaine.

Les objets apparaissent, disparaissent, lévitent. Le réel semble se tordre. Ce qu’on croit voir n’est peut-être qu’un leurre. Sur scène, les artistes manipulent les gestes comme des tours de passe-passe, dans un dialogue constant avec les lois du regard. L’art de détourner l’attention devient un art du mouvement.

En s’inspirant de la figure d’Heka — dieu égyptien de la magie — Sean Gandini revient à ses premières amours, la magie, pour inventer une forme nouvelle : hypnotique, précise, intrigante. Pas de lapin dans un chapeau, mais une écriture millimétrée, où chaque geste compte. Chaque apparition devient une énigme. Chaque disparition, une révélation.

Une exploration sensorielle et philosophique, où la magie devient outil de perception. Et le jonglage, une porte vers l’invisible.

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Exposition

erratum musical

Une exposition de l’artiste Pierre Leguillon pour la Biennale Son au Manoir de la Ville de Martigny. 

La section musicale du Musée des Erreurs, Erratum musical (d’après une formule de Marcel Duchamp), conserve principalement des objets imprimés de peu de valeur, tels que des cartes postales, affiches, pages de magazines, photos d’exploitation de films, et autres ephemera.

L’exposition Erratum musical met en résonance des œuvres et des artefacts empruntés notamment à diverses collections du Musée des Erreurs à Bruxelles, du Centre Pompidou à Paris, et du Musée du Son/Fondation Guex-Joris à Martigny.

Chaque salle de cette exposition-musée représente une typologie différente de musées de la culture occidentale : musée de peinture, musée national, musée des arts et métiers, musée des arts et traditions populaires, musée d’anthropologie, musée du design, ménagerie, etc. L’exposition se présente ainsi comme une partition libre, regroupant divers objets culturels et explorant leurs modes de présentation.

En abordant les enjeux culturels et politiques des œuvres, Erratum musical questionne également nos perceptions de l’art et de la musique. Cette musique qui relève de «l’erreur» dans son sens le plus positif est produite par des objets qui, le plus souvent, ne sont pas des instruments (une lampe ou une chaise par exemple, des aboiements de chiens, des coassements de grenouille, etc.) – ou encore une musique qui rejoue voire malmène des partitions existantes dont dont une musique martiale américaine et l’hymne national français, la Marseillaise.

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Film

Lynx

Réalisé par Laurent Geslin

2021, documentaire, 82 min.

Au cœur du Jura, un appel résonne dans la forêt. La silhouette d’un lynx boréal se faufile parmi les hêtres et les sapins. Un mâle cherche sa femelle. Soudain une réponse lui parvient du fond de la vallée... Ainsi débute l’histoire d’une famille de lynx que l’on va suivre au fil des saisons. S’il est rare de croiser ce discret félin, il est exceptionnel de découvrir son quotidien en milieu naturel.

Rencontre

Suzanne Boulet

Artiste-chercheuse

Artiste-chercheuse basé à Genève (Suisse), Suzanne Boulet développe un travail à cheval entre l'art et la pédagogie. Elle y explore le concept d'«aptique» en tant que perception au-plus-près, à savoir une sensibilité sensorielle et émotionnelle qui adviendrait dans le contact d'une proximité. Elle réalise des workshops dans des organisations internationales (ONU, 2024), des centres d'art (CAC Genève, 2021), des écoles et des universités, au cours desquels elle sonde le potentiel éducatif de ce type de rencontre avec la matérialité du monde. Elle présente également sa recherche à l'occasion de conférences (NTNU, Trondheim, Norvège, 2023 ; Université de Goldsmiths, Londres, Grande-Bretagne, 2019) et dans des publications scientifiques.

En parallèle, elle expose son travail plastique sous forme d'installations artistiques, telles que récemment à la Biennale internationale de l’art de la fibre à Pékin (Chine, 2025-26), au Festival international Archipel (Genève, Suisse, 2024), ou encore dans des collections privées (Saint-Gall, Suisse, 2024). Après avoir étudié le design à l’ENSAAMA (Paris, France), elle a suivi le master de recherche en arts visuels CCC_cirtical, curatorial cybermedia, à la HEAD-Genève (Suisse). Elle finalise actuellement un doctorat en art, en cotutelle entre l’Université Bordeaux-Montaigne (France) et la HEP-Vaud (Suisse).

Partenaires

 La Marmite remercie les partenaires qui ont soutenu ce parcours.